Nicolas Greschny est un grand fresquiste du XXe siècle né en 1912 en Estonie à Tallin et décédé en 1985 (le 24 avril). Il est aussi un grand peintre d'icônes. Nicolas Greschny a peint plus d'une centaine de fresques, principalement sur les murs d'églises situées dans le sud et le
sud-ouest de la France.
Biographie
Beaucoup de sites vous présentent les évènements de sa vie.
C'est une vie digne d'un roman et même d'un film.
En quelques dates, découvrez le parcours hors normes de cet homme, hors du commun.
1912 : naissance de Nicolas, d'un père, diacre, qui bien qu'appartenant à l'église catholique, conserve les coutumes de l'orthodoxie russe, et d'une mère, allemande balte, qui
elle-même avait un père allemand et une mère française, descendante des huguenots appelés par Pierre le Grand pour ses constructions navales.
1917 : première fuite et émigration vers la SIlésie, à la frontière germano-polonaise, où la famille maternelle à des possessions.
à 7ans, il peint sa première fresque: une locomotive!
1922 : son père meurt et sa mère va poursuivre son éducation en lui traduisant du vieux russe, le "podlinnik" , sorte de manuel de peinture (technique et iconigraphie), qu'il
conservera longtemps.
Poursuivant ses études au pensionnat de Breslau, il obtint l'Abitur, l'équivalent de notre bac.
Il entre au noviciat des jésuites pour préparer son entrée à la faculté "russicum" à Rome, fondée en 1929, par Pie XI, pour l'étude de la culture et de spiritualité russes. Il part au bout d'un
an, pour conduite insupportable.
1932 : il part pour Berlin, faire les Beaux Arts:
2ans, élève du professeur Wehlter, à Schönnbrunn, pour approfondir sa technique et ses connaissances de l'art occidental.
et 2ans, stagiaire au musée de Neisse (aujourd'hui Nysa, en Pologne)
rappel : en 1933, Hitler accède au pouvoir et veut enroler tous les jeunes dans les mouvements de "jeunesse hitlérienne" ce que refuse Nicolas qui lui s'enrole dans les mouvements clandestins de
jeunes catholiques.
en infiltration dans les jeunesses hitlériennes, pour fournir des documents à Rome, dans le projet d'un
livre blanc contre l'hitlérisme, il est averti à temps pour s'enfuir, à pied par la frontière tchécoslovaque. Arrêté, il ne reste que quelques jours en prison, ses papiers autrichiens arrivant à
temps.
1936: il s'installe donc à Vienne. Pris en charge par une congrégation, fondée par un jésuite, il est présenté par un prètre, au célèbre professeur catholique,
Strelher.
Pour faire ses preuves il peint l'Emmanuel que l'on retrouve aujourd'hui dans le choeur de sa chapelle à la Maurinié. Il cherche
à se perfectionner dans les arts mais aussi en théologie, poursuivant toujours son projet d'entrer au "russicum" de Rome.
Il peint des icônes qu'il doit vendre pour subvenir à ses besoins, ce qui est contraire à la tradition du sens sacré des
icônes. Il peint un saint Georges dans l'abbaye Notre Dame de la sainte croix à Heiligenkreuz, le coeur mystique de la forêt viennoise.
En même temps, il s'occupe de scouts ukrainiens. L'engouement pour l'art russe amène des jeunes, dont le fils du chancelier
Schuschnigg. Il est convoqué à la chancellerie où on l'incite à fuir devant l'imminence de l'Anschluss.
Il fuit sous un faux nom, dans le dernier train libre qui transportait les derniers journaux.
Il arrive à Venise et se rend à Rome avec toujours ce désir d'entrer au "russicum". Mais c'est l'entrée triomphale
d'Hitler à Rome. Il est logé au Vatican. L'ambassade de France lui refuse l'asile. Les services du pape Pie XI lui paye un billet de train avec lequel, par la Yougoslavie, la Hongrie, la
Slovaquie, la Pologne, il arrive à Wilno en Lithuanie où son visa n'est pas reconnu. Des jésuites, avertis, lui permettent de repartir dans un wagon plombé de marchandises pour Riga. Il y
retrouve de la famille qui l'aide à rejoindre Tallinn, sa ville natale, où il retrouve son ancien maître de noviciat, qui l'avait renvoyé dans ses jeunes années.
Pour payer sa pension, il peint des icônes, dont Notre Dame de Czestochowa. Il attend son visa pour la Belgique où il
veut poursuivre ses études. L'ambassade de France lui procure ce visa mais arrivé à Copenhague, on lui refuse son passeport autrichien. Heureusement des jésuites, avec lesquels il était en
liaison, le tirent d'affaire et il reprend un bateau pour Anvers.
1938: Il va vivre deux ans en Belgique où il étudie la théologie à l'Université de Louvain
1940: Rattrapé par la guerre, nouvelle fuite devant les allemands vers la France, où il sera arrêté à Orléans. Interné dans un camp où on lui confisque son seul bagage
qu'il ne reverra jamais, sa boîte dans laquelle il conservait ses trésors, dont le fameux podlinnek. Il en garde un très mauvais souvenir de coups et maltraitances.
Ensuite il est envoyé au camp de saint Ciprien (là c'est le règne de la faim et des maladies) Il a la chance de n'y rester que
deux mois en bénéficiant d'une évasion, arrangée par l'évèque de Perpignan, Monseigneur Bernard et du chef du camp. Caché dans les caves de la Préfecture, il obtient un sauf-conduit pour Toulouse
afin d'y poursuivre ses études de théologie à l'Institut catholique.
Logé par des jésuites, il peint sa première fresque en France, dans la chapelle de Lagarde.
1942 : Novembre. l'invasion allemande du sud de la France, le remet sur la route, cette fois vers Albi, où il va pouvoir terminer ses études de théologie au grand séminaire.
A cette époque, M. Charles Bellet conquit par l'artiste lui commande un tryptique et un chemin de croix pour la chapelle St
Michel du musée Toulouse Lautrec (étant président des amis du musée)
Pendant ce même temps il oeuvre dans la résistance.
1945: la libération. Il este sur Albi et cherchera plus tard à s'enraciner dans ce pays qu'il a choisi.
Le vicaire général d'Albi, Gilbert Assemat, l'encourage et lui ouvre les portes de nombreuses paroisses (de leur collaboration
sortira des ouvrages d'entretiens avec Nicolas rapportés par le père Assemat )
Ensuite dans sa création on peut distinguer deux périodes :
- 1946 - 1970 : période des fresque et montée de la notoriété.
- 1970- - 1985 : retour aux icônes et transmission artistique par des stages à la "Maurinié"
1948: A la recherche d'un endroit tranquille pour se réenraciner, il parcours la région albigeoise à vélo.
Il trouve un tas de ruines et de ronces à la Maurinié où il décide de réaliser son rêve:
construire une chapelle selon les canons classiques
1949: Nicolas oeuvre à Encausse les Bains pour les fonds baptismaux et la buvette des thermes où il crée l'une des rares oeuvres profanes de sa création (voir photo).
1952: Il peint l'église des Treize Pierres à Villefranche de Rouergue
Nicolas rencontre Marie-Thérèse, lors d'une exposition d'icônes à Béziers.
1953: Il décore entièrement l'église de Saint Victor et Melvieu (
1954: c'est au tour de l'institut Stanislas de Cannes
1956: il réalise le chantier de l'église sainte Anne de Chatel-Guyon, par un hiver
si froid que le mortier gelait. Il fait partie des plus réussis pour lui parce
que sans rien d'imposer,il a pu s'y exprimer pleinement
(comme à Lacabarède en 1961 et Fonlabour en 1970)
1957: le curé de Cranves-Sales fait appel à Nicolas pour son église après avoir découvert l'artiste à Chatel-guyon.
.
Tout au long de ces année, il poursuit l'aménagement de son petit paradis de la Maurinié
1957: Nicolas peut enfin épouser Marie-Thérèse après obtention de ses papiers.
Il signe l'achèvement de sa chapelle à la Maurinié (voir photo)
(ensuite deux enfants viendront agrandir la famille)
1960: A saint Pierre d'Oléron, on dit qu'il a peint en échange du gite et du couvert.
Il semble qu'il ne se soit jamais payer à la vraie valeur de ses oeuvres et
donc qu'il ne fit pas fortune malgré l'immensité de son oeuvre
1961: il élabore les projets, les plans et les décors des chars du défilé historique
de Castres
1965: Il va peindre cette fois à Auzances dans la Creuse
Avec le Concile Vatican II (1962-1965) la réforme liturgique vide les églises de toutes décorations et les chantiers de fresques se raréfient.
Nicolas désormais va se consarer aux icônes qu'il réalise au gré des commandes. il voulait transmettre son art, en fondant une école de peinture.
Il découvre en Aveyron des stages d'artisanat: "vacances insolites". ce sera le début des stages de technique des peintres anciens avec notamment celle de l'icône. en parallèle Marie Thérèse
assurait des stages d'émmaillage sur métaux. (ces stages existent toujours avec son fils)
1973-74: il peint dans la chapelle Notre Dame de Pitié à Saint Genest Lerpt dans la Loire
1982 : il oeuvre pour la chapelle du foirail de Laguiole des fresques et un triptyque sur bois
1985: le 24 avril, Nicolas s'éteint dans "son paradis" de la Maurinié, où il repose en sa chapelle..
L'association des "Amis de Nicolas Greschny" ( à la Maurinié 81430 MARSAL) oeuvre, avec sa femme Thérèse et son fils Michael, à faire connaître les oeuvres et l'artiste mais
aussi travaille à la sauvegarde; si des fresques ont déjà disparu avec les monuments qui les abritaient, d'autres sont en péril dans des lieux qui réclament restauration et préservation de
la dégradation du temps (humidité...).
N'hésitez pas à les rejoindre si les oeuvres de Nicolas Greschny vous ont conquis.
Œuvres
dans le Tarn : où se situe son port d'attache
- Alban l'église
- véritable bande déssinée qui raconte la Bible (voir photo ci-dessous)
- Albi : chapelle du grand séminaire, domaine de Lapanouse, chapelle de l'hôpital
- Blaye les Mines l'église St Louis
- Briatexte l'église N.D. de l'Assomption
- Cadalen l'église
- Cagnac les Mines l'église sainte Barbe
- Cahuzac s/Vere l'église de Lintin
- Carmaux l'église St Privat
- Castanet l'église St André
- Castres l'église St Jacques
- Jonquières
- Lacaune N.D. de l'Assomption
- Lacrouzette N.D. de l'Assomption
- Lagardiole l'église St Martin
- Lescure d'Albigeois l'église St Pierre
- Le Verdier l'église
- Marssac sur Tarn l'église St Orens
- Marsal l'église St Pierre
- Pratlong Chapelle St Louis, chapelle Ste Thérèse
- Roussayrolles l'église
- Rosières l'église
- Saint Benoit de Carmaux l'église
- Saint Sulpice le petit séminaire
Pour mieux apprécier ce grand artiste il y a aussi les publications qui parlent de ses oeuvres et parmi lesquelles les livres du Père Gilbert Assémat : "les fresques de Nicolaï Greschny",
"Un peintre d'Icônes Nicolaï Greschny", etc. ...
Vous découvrirez que Nicolas Greschny était très attaché à la tradition; la tradition dans son essence et non dans un dogmatisme paralysant.
De la tradition, il nous offre toute la symbolique de l'art sacré des chrétiens orientaux, la localisation des figures en fonction de leur sens ésothérique. Il adapte sa création non
seulement aux espaces à peindre mais aussi aux assemblées aux quelles sont destinées ces lieux. C'est ainsi qu'il prit pour modèle des habitants qui aujourd'hui se reconnaissent dans des enfants
... Dans certains lieux figurent aussi le monument lui-même.
Comme le proposait le Père Assémat, la découverte des oeuvres de Nicolas Greschny vous offre une triple invitation: "une invitation à contempler", "une invitation à comprendre", "une invitation à
sauvegarder".